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Avant de repartir à l'attaque, car telle était alors l'intention du vice-amiral Kurita, il lui apparut nécessaire de faire le point sur la situation des autres forces à la mer. Mais à ce moment là, le vice-amiral Ozawa était dans l'incapacité de communiquer correctement depuis le Zuikaku, et aucune information n'était encore parvenue sur le sort de la force du vice-amiral Nishimura. Pendant deux heures, les navires japonais effectueront une course très erratique, signalés marchant au nord, mais aussi par deux fois à l'ouest, et toujours à quelques heures de marche du golfe de Leyte. Ceci ne manquait pas d'inquiéter le vice-amiral Kinkaid, surtout dans la seconde situation, d'autant que l'aviation terrestre japonaise profita de l'engagement au large de Samar pour bombarder les troupes à terre jusqu'à Tacloban. Le commandant de la VIIe Flotte ne cessera d'envoyer des messages alarmistes à Halsey, et comme vu plus haut, le TG 38.1 du vice-amiral McCain faisait route au plus vite pour contrer la Force centrale japonaise. Kinkaid donna également ordre au contre-amiral Oldendorf d'envoyer une partie de ses navires contrer celle de Kurita, une décision désespérée en réalité, car tous savaient pertinemment que la Task Group 77.2 n'avait quasi plus de munitions, et que jamais ces navires n'arriveraient à temps pour barrer la route des Japonais. En d'autres termes, la flotte nippone était totalement en mesure de pilonner la tête de pont américaine comme bon lui semble. Cependant, Kurita ne disposait en réalité que de peu d'informations.
Sources : fr.wikipedia.org
Les hydravions d'observation avaient été débarqués et envoyés à San Jose (en) (Mindoro) et seuls subsistaient les appareils du Yamato. Compte tenu du retard pris depuis la veille en mer de Sibuyan et au large de Samar, le vice-amiral avait alors de bonnes raisons de penser que les transports américains auraient quitté la proximité des plages de débarquement. Se présenter en début d'après midi dans le golfe de Leyte ne bénéficiait plus de l'avantage de la surprise, et s'y aventurer sans connaître la position des porte-avions d'escadre américains revenait à « sauter dans un piège de l'ennemi ». Sa flotte disposait encore de quatre grandes unités en bonne condition de combat, de croiseurs lourds et légers et dix destroyers. Kurita considéra alors que la priorité n'était plus d'attaquer des forces amphibies, mais de rechercher le contact avec les autres porte-avions d'escadre ennemis, car les dégâts infligés à quatre de ses croiseurs l'avaient conforté dans l'idée que les bâtiments qu'il venait d'affronter en faisaient partie. Au demeurant, abandonner le pilonnage des plages de débarquement allait dans le sens souhaité par certains officiers, comme son chef d'état-major, le contre-amiral Koyanagi (en).
Sources : fr.wikipedia.org
Jusqu'à présent, l'aviation nippone basée à terre s'était révélée assez déficiente, exception faite du coup porté à l'USS Princeton. Elle fut décimée en parti par l'aviation navale américaine et ne délivra que de partielles informations au cours des reconnaissances aériennes, pourtant essentielles dans la réussite du plan Sho-go. Les vice-amiraux Takijirō Ōnishi et Shigeru Fukudome, commandants en chef respectifs des 1re et 2e Flottes aériennes basées à Luçon, connaissaient le dévouement de la Flotte impériale dans cette bataille. Leur devoir selon eux était donc d'agir avec autant de détermination et d'esprit de sacrifice, et les deux officiers décidèrent d'engager la Force Spéciale d'Attaque, plus connue sous l'appellation de Kamikaze. Même si auparavant, des pilotes japonais s'étaient volontairement écrasés avions en feu sur des navires américains ou alliés, comme lors de l'attaque du HMAS Australia le 21 octobre, c'est en revanche la première fois qu'une telle attaque allait être conduite de façon coordonnée et délibérée par une formation constituée dans ce but. La décision de mise en œuvre de cette nouvelle méthode de combat sera néanmoins prise sans concertation entre l'aviation basée à terre et les forces à la mer, nouvelle preuve du manque de coordination des différentes forces japonaises pourtant appelées à coopérer. Dès le 20 octobre opéraient déjà quatre escadrilles suicides (trois basées à Mabalacat, une autre à Cebu), mais jusqu'à présent, elles se heurtèrent au mauvais temps ou rentrèrent à la base faute d'objectif à détruire.
Sources : fr.wikipedia.org
Avant l'aube, l'une des escadrilles « Asahi » décolla sous escorte, direction sud-sud-est et un groupe de porte-avions repérés au large du détroit de Surigao. Après 1 h 30 de vol, les Japonais localisèrent les navires américains et les avions suicides rasèrent les vagues au risque de les percuter afin d'échapper à la détection radar le plus longtemps possible. Leur cible, la TU 77.4.1 du contre-amiral Thomas Sprague, la plus méridionale des Taffy qui vers 7 h 40, vit soudainement surgir quatre chasseurs « Zero ». Le premier de ces appareils piqua sur l'USS Santee et s'écrasa sur le pont d'envol à bâbord avant, tuant seize marins et provoquant un incendie qui contraindra à jeter à la mer des bombes de 450 kg menacées par le feu. Le second se dirigea sur l'USS Suwannee mais la DCA fit déjouer sa trajectoire sur l'USS Sangamon, et le Japonais de nouveau touché termina sa course 150 mètres plus loin. Un troisième avion explosa sous les tirs défensifs de l'USS Petrof Bay et le quatrième tourna un moment avant de choisir sa cible ; à 7 h 50, il attira tout le feu anti-aérien sur lui et piqua subitement sur le Suwannee pour percuter le pont en avant de l'ascenseur arrière, le moteur explosant dans le hangar ce qui mit l'appareil de direction du navire temporairement hors service. Accaparés par ses attaques et son soutien à Taffy 3, les navires de Taffy 1 délaissèrent quelque peu la veille anti-sous-marine et l'USS Santee se retrouva victime quelques minutes plus tard d'une attaque concomitante du sous-marin I-56.
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